Contre les cyberviolences

5/03/2026

Si les réseaux sociaux ont notamment permis grâce au hashtag #MeToo de mettre dans le débat public la question des violences sexistes et sexuelles et une conscientisation réelle, ils sont loin d’être un espace non violent pour les femmes, qui y sont massivement victimes de violences.

Plusieurs militantes féministes, journalistes, artistes et femmes politiques ayant dénoncé des violences ou défendu des revendications féministes ont été harcelées, menacées… au point de devoir fermer leur réseaux sociaux pour se protéger.

En 2021, au cours de l’évènement caritatif Z Event, la streameuse Ultia dénonce les propos sexistes et mysogynes du streameur Inoxtag.

S’en suit un cyber-harcèlement de masse : les dizaines de milliers de messages d’insultes qu’elle a reçus depuis 2021.

« C’était par vagues énormes, même quand je ne disais rien. Je suis fatiguée, j’ai déjà parlé à trois policiers, à un gendarme, à trois psychiatres, et puis il y a eu les rendez-vous avec mon avocate. Je n’en peux plus, je veux que ça s’arrête » Ultia, 2025.

Ultia souffre de stress post-traumatique, a été rejetée par le milieu du stream, notamment avec sa longue mise à l’écart de l’émission « Popcorn », talk-show populaire sur Twitch.

En 2016, Marion Seclin a reçu 40 000 messages d’injures sexistes, de menaces de viol ou mort, après sa vidéo dénonçant le harcèlement de rue.

Pendant des mois, 3 600 personnes d’un groupe facebook diffusent des insultes et menaces, photomontages dégradants de la chanteuse Mathilde, du fait de son engagement féministe et contre la grossophobie.

Les femmes (84%), les personnes LGBTQIA+ (43%) et les personnes handicapé•es (22%) sont les cibles principales des cyberviolences. Notamment les 18-24 ans.

93% des victimes subissent des insultes et des menaces. Une sur deux ont vu du contenu intime ou dégradant être diffusé en ligne.

93% des victimes ont subi plusieurs épisodes de cyberviolences. 40% d’entre elles rapportent même en avoir vécu entre 7 et 10.

Les insultes, les menaces, l’envoi de photos de parties génitales ainsi que l’exposition à des contenus violents sont des situations subies plusieurs fois par la majorité des victimes

Comme pour toutes les autres formes de violences, les auteurs sont principalement les hommes.

Ils sont impliqués dans la perpétration de ces violences dans au moins 74% des cas.

Le dernier rapport du HCE sur l’état du sexisme en France, paru en janvier 2025 pointe l’explosion de la haine misogyne en ligne

En ligne, 75% des femmes affirment ne pas être traitées à égalité.

Sur Instagram notamment, 68% des vidéos véhiculent des stéréotypes présentant  la maternité comme indispensable dans la vie des femmes.

Plus grave, les vidéos pornographiques diffusent des contenus misogynes  montrant des  violences sexuelles que 64% des hommes de 25-34 ans disent imiter dans leurs relations sexuelles.

En 2014, 87% des images de violences sexuelles en ligne représentaient des filles.

Les cyberviolences peuvent être exercées par des proches des victimes. Que la femme ait ou non quitté le conjoint violent, celui-ci peut avoir recours à diverses formes de cyberviolence, une surveillance des déplacements (géolocalisation), des messages et publications sur les réseaux sociaux,…

Dans une permanence d’association spécialisée, 5 femmes victimes de violences conjugales sur 6 déclarent avoir subi des cyberviolences de la part de leur partenaire ou ex-partenaire sur les douze derniers mois. 

29% déclarent avoir été espionnées à leur insu, par des logiciels espions ou par GPS

73% déclarent avoir subi un contrôle de leurs déplacements et de leur vie sociale imposé au moyen des outils numériques

63% ont reçu des messages menaçants, insultants ou humiliants par les outils ou espaces numériques

Ce 8 mars, toutes et tous en Grève Féministe pour exiger qu’enfin les cyberviolences soient combattues autant que les autres formes violences sexistes.

Exigeons un budget de 3 milliards et une loi-cadre intégrale pour en finir avec toutes les violences