L’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle vise à donner aux enfants, aux adolescent.es et aux jeunes adultes des clés pour comprendre leurs émotions, construire des relations respectueuses, comprendre le consentement, reconnaître les comportements abusifs. Elle permet le dialogue, le respect de soi et des autres et contribue à la prévention des situations à risques.
L’EVARS est un outil essentiel dans l’analyse de la construction sociale du genre, elle permet de parler de l’intime comme une conscientisation des inégalités globales, des violences globales en s’appuyant sur les besoins et les représentations des élèves.
Il y a un an, après deux ans de travail de résistance des syndicats, des associations féministes, d’associations de parents d’élèves face aux violentes attaques des milieux conservateurs et d’extrême droite, le programme EVARS ( Education à la Vie Affective Relationnelle et à la Sexualité ) a été publié au journal officiel !
L’Éducation à la Vie Affective et à la Sexualité, appelée information sexuelle, puis éducation sexuelle et éducation à la sexualité, puis EVARS a fait l’objet de nombreuses attaques tout au long de son histoire.
Les associations réactionnaires y sont farouchement opposées : Syndicat de la famille (ex-Manif pour tous), SOS Éducation, Parents en colère, Mamans louves, Parents vigilants et toute une galaxie de militant-es de droite radicale qui mettent en cause des établissements, des personnels et participent à des distributions de tracts attaquant l’EVARS, en relayant des propos mensongers, grossiers et des fake news
On se souvient de sénateurs demandant le retrait de manuels de SVT en 2011, de la naissance de la manif pour tous et de ses mobilisations lesbophobes et homophobes en 2012.
On se souvient de la campagne, lancée par les mêmes, pour le retrait des ABCD de l’égalité en 2014, des mobilisations contre la PMA pour tout-es, contre l’inscription de l’IVG dans la Constitution, la propagation permanente de campagnes LGBTphobes et le relais d’une transphobie décomplexée s’affichant partout, notamment sur les plateaux de Bolloré.
Dans un contexte grave de montée des idées d’extrême droite et de leurs franges réactionnaires, ces attaques doivent être combattues.
Le programme EVARS participe au travail qui doit être celui de l’école : éduquer, répondre aux interrogations des élèves, faciliter leur construction mais aussi prévenir les violences sexuelles.
L’EVARS toute entière aide à déconstruire les stéréotypes, à comprendre les inégalités, à comprendre l’injustice des dominations qui s’exercent par les hommes sur les femmes, à prendre conscience de son corps et de son intimité et à respecter l’autre et soi-même. Elle est une composante majeure de l’éducation à l’égalité femmes-hommes à l’école.
Nous devons rester vigilant-es sur l’application effective des 3 séances annuelles obligatoires énoncées par la loi de 2001 (actuellement seulement 15% des élèves en bénéficient pendant leur scolarité).
Les établissements scolaires et les associations doivent bénéficier de moyens, que pour l’instant ils n’ont pas.
Les personnels de l’éducation nationale et les intervenant-es doivent pouvoir accéder à des formations solides et être protégé-es face aux réactionnaires d’où qu’ils viennent.
L’éducation à la vie affective et sexuelle doit permettre la déconstruction des normes de genre et la compréhension des rapports sociaux de sexe.
« Pour être en capacité de faire des choix éclairés permettant de bien vivre sa sexualité, il est nécessaire d’avoir accès à l’information et d’être accompagné.e pour aller au-delà des stéréotypes impliqués dans la construction des inégalités entre les sexes et les sexualités » (Site du planning familial, Juin 2023)
Quel que soit le niveau scolaire des élèves, l’EVARS doit être considérée comme un projet éducatif qui répond à des besoins.
Les enjeux de la compréhension des corps, de la puberté, du consentement, du désir, du plaisir sexuel, de l’orientation sexuelle, l’accession à la compréhension de la construction de sexualités sexuées
L’EVARS doit pouvoir être un espace qui, sans accuser, sans prescrire, permet de comprendre la sexualité d’un point de vue social et politique tout en l’appréhendant de façon individuelle et intime.
Le travail de l’école est de permettre également la conscientisation d’un « ordre social qui admet l’inceste mais interdit qu’on en parle » (Dorothée Dussy) et de protéger les enfants victimes ou susceptibles de l’être.
Le travail de la CIVISE (Commission Indépendante sur l’Inceste et les Violences faites aux Enfants) fait état de 160000 enfants victimes par an soit 2 à 3 enfants par classe.
Enquête en Février 2023 du collectif Cas d’École : « 88% des jeunes de 15 à 24 ans reconnaissent qu’une éducation sexuelle adaptée aurait amélioré le début de leur vie affective et sexuelle».
Les séances d’EAS permettent de nommer les violences sexistes et sexuelles mais également des échanges collectifs sur les questions d’affect et de sexualité pour comprendre ce qui se joue dans les relations sociales, du sexisme et de l’homophobie dont les élèves sont victimes mais aussi des violences qu’engendre la domination masculine.
Le 8 Mars 2026, nous manifesterons pour une Éducation à la Vie Affective Relationnelle et à la Sexualité PARTOUT MAINTENANT !

