Dans un contexte de réalité coloniale, les femmes palestiniennes sont confrontées à une volonté de destruction de la part de régime colonial israélien, perçu comme une menace pour les futures générations et la résistance de la société.
En réponse à cette résistance, le colonialisme a mis en place un système de violence basé sur le genre, visant à contrôler la sexualité et la féminité des femmes palestiniennes.
En outre, l’existence d’un système social patriarcal, fondé sur l’inégalité entre les sexes, a contribué à l’oppression des femmes. Cette oppression s’est traduite par des défis et des difficultés spécifiques pour les femmes, notamment en ce qui concerne les rôles qu’elles jouent au sein de la société et la lutte contre le système colonial.
Femmes prisonnières
Un rapport a révélé une hausse sans précédent des arrestations de femmes palestiniennes par Israël, avec 266 arrestations enregistrées en 2024, portant le total à plus de 450 depuis le début de la guerre. Actuellement, il y a 56 femmes prisonnières dans les geôles israéliennes.
Un rapport du Palestinian Centre for Human Rights, sorti en novembre 2025, révèle des crimes innommables : des palestiniens et palestiniennes violé-es par des groupes de soldats ou par des chiens, humilié-es et pris en photo, électrocuté-es… Par exemple, N. A., une mère de 42 ans arrêtée lors d’un contrôle à un checkpoint, décrit les viols collectif qu’elle a subis tout en étant menottée et battue, pendant que les soldats riaient et prenaient des photos : « Je ne peux décrire ce que j’ai ressenti ; j’ai souhaité mourir à chaque instant. »
Les femmes palestiniennes face au génocide : entre survie et résistance.
Aborder la question de « Gaza sous l’angle du genre » n’est ni un luxe ni une métaphore étrangère, comme certains tentent de le présenter, mais plutôt une lecture approfondie de l’expérience palestinienne, là où l’extermination coloniale croise les structures patriarcales, multipliant les souffrances infligées aux femmes et mettant à l’épreuve leur capacité à transformer la douleur en acte de résistance et en une vie qui vaut la peine d’être vécue.
Dès les premiers instants de l’agression, les femmes ont été au cœur de l’action : dans les tentes, les hôpitaux, les centres de secours et les médias. Alors que le monde détournait le regard des images d’enfants affamés, les Gazaouies cuisinaient sur le feu, soignaient les blessés et protégeaient ce qui restait de la maison et de la patrie. En parallèle, les Palestiniennes, aussi bien en Palestine qu’à l’extérieur de Gaza, ont mobilisé l’opinion publique, organisé des manifestations, écrit, traduit et combattu le récit colonialiste qui tente de déshumaniser les Gazaouis et les Gazaouies.
En temps de génocide, le féminisme se manifeste par une résistance quotidienne. Elle va de la persévérance sur le terrain à la lutte pour le récit, et des soins dans les camps aux tribunes internationales.
Concernant la santé, les données du ministère palestinien de la Santé révèlent des conséquences humanitaires extrêmement graves : environ 60 000 femmes enceintes dans la bande de Gaza sont exposées à des risques sanitaires considérables et environ 155 000 femmes enceintes ou allaitantes rencontrent de graves difficultés d’accès aux services de santé.
L’accès à l’éducation
En Palestine, le futur de l’éducation est incertain pour les filles.
À Gaza, environ 658 000 élèves entament leur troisième année scolaire, dont la moitié sont des filles. La plupart des écoles ont été détruites. Dans un contexte de perte et de déplacements, les filles doivent trouver de l’eau, de la nourriture et prendre soin de leur famille.
En Cisjordanie et y compris à Jérusalem, l’ouverture de l’année scolaire a été retardée. La crise financière a causé la fermeture de certaines écoles de l’UNRWA et d’autres ont été détruites.
L’accès à l’école est dangereux par les points de contrôle et la violence de colons, ce qui pose un problème majeur pour la sécurité des élèves et des enseignants.
En Cisjordanie, l’occupation israélienne est à l’origine de la violence économique. Selon les Nations unies, elle contrôle les ressources et la circulation des personnes et des marchandises, et installe plus de 1 100 postes de contrôle en Cisjordanie. Cette situation a des répercussions sur la situation économique des femmes.
L’oppression est indivisible, et la libération aussi.
Nous affirmons d’une seule voix que l’oppression, qu’elle soit patriarcale ou coloniale, se manifeste sous différentes formes et est interdépendante. Il est impossible de résister à la machine de guerre et à ses alliances internationales tout en fermant les yeux sur les systèmes de pouvoir patriarcaux qui maintiennent les femmes dans une position de faiblesse.
La libération nationale ne peut être complète que lorsque la liberté de genre est réalisée ; toute tentative de les séparer sert directement les intérêts du colonisateur et des forces réactionnaires qui visent à affaiblir la société de l’intérieur.

