Le 5 novembre, les féministes seront dans la rue !

Le 5 novembre et après, en lutte avec la jeunesse, les salarié-es, les privé-es d’emploi. Pour vivre et non survivre, contre la répression d’un gouvernement libéral et autoritaire au service des dominants.

Depuis la rentrée, les lycéennes, lycéens et étudiant·es se mobilisent avec fermeté pour des conditions d’étude dignes, pour leur avenir.

Face aux  leurs revendications légitimes de la jeunesse, elles et ils n’ont pour réponse que les matraques, la répression policière et le mépris du gouvernement. Le collectif Grève Féministe, rassemblant des organisations féministes, syndicales, étudiantes et lycéennes, LGBTQIA+, altermondialistes, et soutenu par divers partis politiques, dénonce cette répression de la jeunesse. Ce pour quoi elles et ils se battent, est ce pour quoi nous nous battons aussi : nous voulons vivre et pas survivre et cela passe par la justice sociale. Nous voulons pouvoir étudier, nous loger, manger, nous chauffer, nous cultiver, nous reposer, profiter de celles et ceux que nous aimons, sans avoir à choisir.

De la baisse des APL à la destruction des services publics, l’inflation des prix et l’austérité budgétaire, les discours racistes et stigmatisants, sont une attaque en règle contre toutes les femmes, et en particulier les mères isolées, les femmes des quartiers populaires, les femmes issues de l’immigration, et celles des zones rurales.

La précarité a un genre : celui des femmes! 

Quelques chiffres :

  • 70 % des travailleurs pauvres sont des femmes.
  • 79,5 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes, en contrats précaires et sous-payées.
  • 97 % des familles monoparentales précaires sont des mères isolées. 55 % des ménages pauvres, 70 % des bénéficiaires des banques alimentaires sont des femmes.

A la retraite, elles ont une pension inférieure de 37 % à celle des hommes. Cette précarité touche directement les métiers essentiels du lien, du soin, de l’éducation et du nettoyage, où les femmes représentent plus de 70 % des effectifs. Métiers dévalorisés, pénibilité physique et psychique totalement invisibilisées : nous exigeons l’application stricte du principe « salaire égal pour un travail de valeur égale» et la revalorisation immédiate des métiers à prédominance féminine.

Bourses, APL, minimas sociaux : la casse généralisée

Depuis plusieurs années, le gouvernement s’acharnent à détruire méthodiquement la protection sociale :

  • Gel et insuffisance des APL et des bourses, condamnant la jeunesse au mal-logement et à la précarité alimentaire.
  • Conditionnement du RSA à 15 heures d’activité obligatoire et suspension des allocations  qui pénalisent en premier lieu les mères isolées privées de modes de garde.
  • Casse des services publics (santé, éducation, petite enfance) ce qui, dans une société patriarcale, a un impact important sur la vie des femmes. 

Face à cette jeunesse, ces étudiantes et ces travailleuses qui réclament l’égalité et la justice sociale, le pouvoir ne répond que par la violence. 

Nous exigeons l’arrêt immédiat des poursuites et de la répression contre le mouvement lycéen et étudiant !

Contre l’extrême droite et le racisme.

Cette précarisation généralisée sert de terreau à l’extrême droite. 

Elle est pourtant une menace pour l’ensemble des conquêtes sociales et féministes. Par ses attaques contre les mères isolées, les femmes voilées, son racisme décomplexé et sa volonté d’enfermer les femmes dans un ordre patriarcal, l’extrême droite est l’ennemie jurée de nos libertés. Nous n’oublions pas les femmes sans papiers, surexploitées dans les tâches invisibles du soin et du ménage : nous exigeons la régularisation de toutes, qu’elles soient protégées quand elles subissent violences sexistes et sexuelles et l’abrogation des lois racistes sur l’immigration.

L’extrême droite par sa logorrhée haineuse, raciste et islamophobe encourage les passage à l’acte meurtrier comme à Trappes. Nous apportons toute notre solidarité aux victimes et aux familles de victimes. 

Rien ne nous a jamais été donné : l’histoire appartient à celles et ceux qui se battent!

Rappelons-le : les femmes n’ont pas obtenu le droit de vote en votant. 

Elles n’ont pas obtenu le droit d’avorter ni de disposer de leur corps en le demandant poliment.

Des suffragettes brisant les vitrines à Hubertine Auclert renversant les urnes, aux manifestations de féministes brûlant le code civil, aux ouvrières bloquant les usines, chaque droit a été arraché par le rapport de force, la grève et la rue. Il a fallu se battre, bloquer, déranger encore et encore. Et nous nous battrons encore et encore.

Le 5 novembre, nous appelons avec l’ensemble des travailleuses, des étudiantes, des lycéennes, des privé-es d’emploi, des mères isolées, des retraitées et de toutes les forces vives à rejoindre massivement les mobilisations sur l’ensemble du territoire et à généraliser la grève partout où cela est possible.

Pour nos salaires, nos services publics, nos droits et nos vies : toutes et tous dans la rue le 5 novembre et le 25 et le 28 novembre, pour la fin des violences patriarcales.