Des chiffres des inégalités au travail
Les chiffres des inégalités de revenu entre les femmes et les hommes restent les mêmes d’année en année.
Elles touchent en moyenne 22% de moins que les hommes pendant la vie active tout temps de travail confondu. C’est même 30% de moins si on inclut les privé-es d’emploi. Les inégalités salariales sont présentes également dans la fonction publique puisque les femmes gagnent 19% de moins que les hommes dans la fonction publique hospitalière en équivalent temps plein (EQTP) – elles gagnent 12% de moins dans la fonction publique d’Etat et 7% dans la fonction publique territoriale.
A la retraite, c’est encore pire puisqu’elles ont 38% de pensions en moins et sont deux fois plus nombreuses que les hommes à être obligé de repousser l’âge de départ en retraite.
Des chiffres qui s’expliquent par
- les temps partiels : les femmes représentent 80% des temps partiel
- 10 fois plus nombreuses que les hommes à réduire leur temps de travail avec l’arrivée du premier enfant
- La ségrégation professionnelle (ou paroie de verre): 87% des femmes travaillent dans 11 familles de profession (les métiers du soin et du lien, commerce, secrétariat..). Ces métiers sont ceux dont la reconnaissance des diplômes, des compétences et de la qualification est le moins bien reconnue
- Le plafond de verre : alors même que les femmes sont plus diplômées que les hommes (57% des femmes contre 47% des hommes), elles ne sont que 34% à occuper des postes de direction
- Le plancher collant : la carrière des femmes a du mal à décoller. Elles représentent 60% des smicard-es et y restent plus longtemps
La précarité des femmes à l’intersection des biais sexistes, racistes, LGBTphobes, validistes
L’accès à l’emploi des femmes immigrées est entravée par les cumuls du sexisme, du racisme et de la précarité de la situation en France renforcée par les circulaires anti-immigration actuelles. Elles ne sont que 47% à être en emploi et sont plus nombreuses à occuper des emplois précaires aux temps partiels imposés.
La discrimination des femme Trans à l’embauche est énorme puisqu ‘elle représente 87% des cas.
Mais pourquoi ?
Ces inégalités dans l’emploi sont multifactorielles. Elles sont le fruit de l’histoire des femmes au travail, de celui du salaire féminin (salaire d’appoint). La société patriarcale dans laquelle nous vivons fait perdurer les rapports sociaux sexistes. Les préjugés en défaveur des femmes entravent leur scolarité, leur accès à l’emploi, leur carrière et son déroulement.
Les pénalités à la maternité marquent un coup d’arrêt. Plus de la moitié des enfants de moins de 3 ans n’ont pas accès à un mode de garde.
Des mesures d’urgence
Des mesures urgentes doivent être mises en place pour garantir la place des femmes au travail. Parmis lesquelles :
- l’augmentation du SMIC
- la régularisation et la protection des femmes migrantes
- le revalorisation salariale des métiers à prédominance féminine avec la prise en compte de la notion de valeur égale qui doit permettre de comparer les métiers
- l’interdiction des temps partiels imposés
- la création de places d’accueil de la petite enfance accessibles et de qualité
- l’obligation de formation, d’analyse et de transparence dans les entreprises et les administrations
- une politique de sanctions dissuasives des discriminations
- la transposition de haut niveau de la directive européenne sur la transparence des rémunérations

