Solidarité avec les femmes afghanes

5/03/2026

Depuis l’effondrement du régime, en août 2021, dans le contexte du retrait des forces des États-Unis et de l’OTAN, les talibans ont repris la main sur le pays. Ils ont déclaré nulles la Constitution et les lois qui étaient en vigueur avant leur prise de contrôle. Tous les contre-pouvoirs ont été éliminés par des arrestations arbitraires, des disparitions forcées, des actes de torture et autres mauvais traitements et des exécutions extrajudiciaires. Ils ont également attaqué et arrêté des journalistes et restreint la liberté des médias. 

Le sort réservé aux femmes et aux filles

La persécution dont les femmes et les filles sont victimes constitue un crime contre l’humanité. Elles se trouvent de plus en plus privées de leur droit de circuler librement et de leur droit à la liberté d’expression. L’accès aux soins de santé est difficile, et l’éducation des femmes et des filles au-delà de l’enseignement primaire est toujours interdite.

Une violence qui augmente

Les talibans ont continué à priver de liberté les femmes et les filles. En 2024, ils ont annoncé des baisses de rémunération pour les femmes. Ils ont ensuite promulgué une « loi sur la prévention du vice et la promotion de la vertu », qui interdit aux femmes de faire entendre leur voix en public et d’emprunter les transports sans mahram (chaperon masculin). Cette loi répressive confère aux « inspecteurs des mœurs » le pouvoir de menacer et d’arrêter les personnes.

Elles ne sont plus autorisées à poursuivre leurs études au-delà de l’enseignement primaire (classe de sixième dans le système local). Elles ont l’interdiction de participer à des activités sportives, de se rendre dans des parcs ou des bains publics…

Des violences sexuelles massives

Le rapporteur spécial sur la situation des droits de l’humain en Afghanistan [ONU] a signalé en août 2024 que les talibans avaient attaqué et agressé sexuellement des femmes détenues. De leur côté, Afghan Witness et des médias ont indiqué que les talibans ont lancé depuis 2 ans une campagne d’arrestation des femmes et des filles qui ne respectaient pas l’obligation du port du voile. Cela a donné lieu au placement en détention de dizaines de femmes et de filles, « dont beaucoup ont dénoncé des traitements dégradants, des actes de torture et des viols ».

Les mariages forcés

Les filles subissent les mariages forcés ou précoces, dès 6 ans pour certaines. 70% des afghan-nes sont dans une situation alimentaire critique. Les familles s’endettent pour subvenir à leur besoin et vendent leurs filles à des hommes plus âgés.

L’horreur continue

Les talibans viennent de promulguer un nouveau code pénal qui établit un système de castes où la femme est assimilée à une esclave. Le nouveau code pénal afghan, 90 pages, institue une véritable ségrégation : d’un côté les personnes libres, de l’autre les esclaves. Il autorise explicitement les violences conjugales, les viols conjugaux et autres sévices. 

La lente agonie des femmes dans le silence

Le droit international ne doit pas rester silencieux. 20 millions d’afghanes risquent quotidiennement leur vie. Il doit s’organiser pour permettre de faciliter la fuite des femmes afghanes de leur pays et  renforcer leur statut de réfugiées dans les États.

Source : Amnesty International